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Nombre de jours travaillés en 2024 : le guide complet

Nombre de jours travaillés en 2024 : calcul détaillé, jours ouvrés, ouvrables, forfait jours et temps partiel. Réponses claires et exemples.

Portrait de Philippe Bouche

Par Philippe Bouche , Analyste business

12 min de lecture

Nombre de jours travaillés en 2024 : le guide complet

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Le chiffre de 227 jours sert de référence, pas de vérité universelle. Il suppose un contrat à 35 heures réparties sur cinq jours, des congés payés pris en totalité et un lundi de Pentecôte chômé. Qu’un seul de ces paramètres change (forfait jours, temps partiel, convention collective plus favorable, établissement situé en Alsace-Moselle) et le total varie de quelques unités. Pour un employeur qui prépare la paie, un manager qui bâtit un planning ou un salarié qui pose ses vacances, ces quelques jours ont un poids réel.

2024 présente une particularité de calendrier : elle commence un lundi et se termine un mardi. Elle compte donc 53 lundis et 53 mardis, soit un jour ouvré de plus qu’une année ordinaire qui démarrerait un samedi. Seul le 14 juillet est tombé un dimanche, ce qui explique un total de jours fériés en semaine plutôt élevé.

Jours ouvrés, ouvrables et travaillés en 2024 : trois compteurs à ne pas confondre

La plupart des erreurs de calcul viennent d’un mélange d’unités. Un service RH qui décompte les congés en jours ouvrables et un manager qui raisonne en jours ouvrés n’obtiendront jamais le même résultat, alors qu’ils parlent de la même année. Voici ce que recouvre chaque notion.

  • Jour calendaire : chaque jour du calendrier, dimanches et fériés compris. 2024 en comptait 366.
  • Jour ouvrable : du lundi au samedi, hors dimanche et jours fériés chômés. C’est l’unité historique du Code du travail pour les congés payés (30 jours ouvrables, soit cinq semaines).
  • Jour ouvré : jour effectivement ouvert dans l’entreprise, en général du lundi au vendredi, hors jours fériés chômés. Une boutique ouverte du mardi au samedi a donc des jours ouvrés différents d’un bureau classique.
  • Jour travaillé : jour où le salarié est réellement à son poste. On l’obtient en retirant des jours ouvrés les congés payés, les jours de repos et les absences.
CompteurCe qu’il inclutTotal 2024
Jours calendairesTous les jours de l’année366
Jours ouvrablesLundi au samedi, hors jours fériés304
Jours ouvrésLundi au vendredi, hors jours fériés252
Jours travaillésJours ouvrés moins 25 jours de congés payés227
Jours non ouvrésSamedis, dimanches et fériés tombés en semaine114

Avant de reprendre l’un de ces chiffres dans un contrat, une fiche de paie ou un budget, vérifiez dans l’accord d’entreprise ou la convention collective quelle unité sert au décompte des congés. C’est elle qui détermine la soustraction à faire.

Comment calculer le nombre de jours travaillés en 2024 étape par étape

La méthode tient en quatre soustractions successives. Elle s’applique à un salarié à temps plein dont la semaine va du lundi au vendredi :

  1. Point de départ : 366 jours calendaires.
  2. Retrait des 52 samedis et 52 dimanches : il reste 262 jours de semaine.
  3. Retrait des 10 jours fériés tombés du lundi au vendredi : on obtient 252 jours ouvrés.
  4. Retrait des cinq semaines de congés payés, soit 25 jours ouvrés : le résultat est de 227 jours travaillés.

Pour les jours ouvrables, le raisonnement est identique mais on conserve les samedis : 366 jours moins 52 dimanches donnent 314, auxquels on retire les 10 jours fériés tombés entre le lundi et le samedi, d’où 304 jours ouvrables. Aucun jour férié de 2024 n’est tombé un samedi.

Les 11 jours fériés de 2024 et leur effet sur le calendrier

La France métropolitaine compte 11 jours fériés légaux. Certains sont fixes, d’autres mobiles car calés sur la date de Pâques (lundi de Pâques, Ascension, lundi de Pentecôte). En 2024, Pâques tombait le 31 mars, ce qui a regroupé plusieurs fériés en mai.

Jour fériéDate en 2024Jour de la semaineRetiré des jours ouvrés
Jour de l’an1er janvierLundiOui
Lundi de Pâques1er avrilLundiOui
Fête du Travail1er maiMercrediOui
Victoire 19458 maiMercrediOui
Ascension9 maiJeudiOui
Lundi de Pentecôte20 maiLundiOui
Fête nationale14 juilletDimancheNon
Assomption15 aoûtJeudiOui
Toussaint1er novembreVendrediOui
Armistice 191811 novembreLundiOui
Noël25 décembreMercrediOui

Un point juridique mérite d’être rappelé : seul le 1er mai est obligatoirement chômé pour l’ensemble des salariés, hors activités qui ne peuvent pas s’interrompre. Le chômage des autres jours fériés dépend de la convention collective, d’un accord d’entreprise ou de la décision de l’employeur. Dans une entreprise qui fait travailler ses équipes le 8 mai ou le 11 novembre, le nombre de jours travaillés dépasse mécaniquement 227. Si vous travaillez dans un secteur à activité continue, consultez votre convention pour connaître les jours effectivement chômés et les contreparties prévues.

Congés payés, absences et journée de solidarité : les ajustements à faire

Le chiffre de 227 jours suppose une année sans aucune absence en dehors des congés légaux. Dans la réalité, plusieurs éléments viennent le modifier :

  • Congés payés : cinq semaines correspondent à 25 jours ouvrés ou 30 jours ouvrables. Il ne faut retirer que l’une des deux valeurs, selon l’unité utilisée pour le reste du calcul.
  • Congés supplémentaires : jours d’ancienneté, jours de fractionnement ou congés conventionnels s’ajoutent à la soustraction.
  • Jours de RTT : un salarié à 39 heures hebdomadaires qui récupère ses heures sous forme de jours de repos voit son total baisser d’autant.
  • Absences : arrêt maladie, congé sans solde, congé parental ou événement familial se déduisent jour par jour, uniquement pour les jours qui auraient été travaillés. Un salarié absent huit jours ouvrés termine ainsi l’année à 219 jours de présence.
  • Journée de solidarité : ces 7 heures non rémunérées sont fixées par accord ou, à défaut, par l’employeur. Si elles ont été accomplies le lundi de Pentecôte, le total passe à 228 jours.

Les conséquences d’une absence sur la rémunération ou sur l’acquisition des congés varient selon sa nature. Pour un cas précis, le plus sûr reste de vérifier les règles applicables auprès du service paie, de la convention collective ou d’un professionnel du droit social. En pratique, tenez un relevé mensuel des absences par salarié : la soustraction finale devient alors immédiate.

Nombre de jours travaillés en 2024 comparé aux années voisines

D’une année à l’autre, le total ne varie que d’un ou deux jours, mais cet écart pèse sur les budgets de masse salariale, les forfaits jours et les prévisions de production. Le tableau ci-dessous applique la même méthode (semaine du lundi au vendredi, 11 fériés de métropole, 25 jours ouvrés de congés) à cinq années consécutives.

AnnéeJours calendairesSamedis et dimanchesFériés en semaineJours ouvrésJours ouvrablesJours travaillés
20223651057253305228
20233651059251302226
202436610410252304227
202536510410251302226
20263651049252303227

Deux mécanismes expliquent ces variations. Le premier tient au jour par lequel l’année commence : une année de 365 jours contient 52 semaines et un jour, et ce jour en trop est un jour ouvré s’il tombe en semaine. Une année bissextile ajoute un deuxième jour, d’où les 53 lundis et 53 mardis de 2024. Le second mécanisme, plus déterminant, concerne les jours fériés qui tombent un week-end : en 2022, trois fériés (1er mai, 8 mai, 25 décembre) étaient des dimanches, ce qui a porté les jours ouvrés à 253 malgré une année de 365 jours.

Le fait que 2024 soit bissextile n’a donc rapporté qu’un seul jour travaillé de plus que 2023, car il y avait aussi un férié de plus en semaine. Pour un budget pluriannuel, retenez une fourchette de 226 à 228 jours plutôt qu’une valeur fixe, puis affinez avec le calendrier réel de chaque exercice.

Forfait jours, temps partiel, conventions : adapter le calcul à son contrat

Le chiffre de référence concerne un temps plein sur cinq jours. Pour les autres organisations du travail, la méthode reste la même mais les paramètres changent.

Forfait de 218 jours : combien de jours de repos en 2024

Le cadre au forfait jours ne décompte pas ses heures mais un nombre de jours travaillés dans l’année, plafonné à 218 en l’absence d’accord prévoyant un chiffre inférieur. Ce plafond intègre la journée de solidarité. Pour connaître les jours de repos auxquels il ouvre droit, on part du nombre de jours ouvrés après congés et on retire le forfait :

366 jours, moins 104 jours de week-end, moins 10 fériés en semaine, moins 25 jours de congés payés, donnent 227 jours. En retirant le forfait de 218 jours, on obtient 9 jours de repos en 2024. Avec un forfait de 215 jours, le même calcul aboutit à 12 jours.

Certains accords d’entreprise retiennent une méthode légèrement différente, par exemple en intégrant des congés d’ancienneté ou en traitant à part certains jours fériés. Le résultat peut alors s’écarter d’un jour ou deux. Le salarié qui renonce à une partie de ses jours de repos doit signer un avenant, et les jours rachetés donnent lieu à une majoration d’au moins 10 %. L’employeur reste tenu d’assurer un suivi régulier de la charge de travail et de garantir le droit à la déconnexion. Si vous gérez des cadres au forfait, éditez chaque début d’exercice un récapitulatif individuel du nombre de jours de repos à poser.

Temps partiel : le jour libre modifie le résultat

Pour un salarié à temps partiel, appliquer un simple pourcentage au chiffre de 227 donne un ordre de grandeur, mais pas le résultat exact. Tout dépend du jour non travaillé, car les fériés ne se répartissent pas de façon égale entre les jours de la semaine. Deux exemples sur une base de quatre jours par semaine, avec cinq semaines de congés (soit 20 jours de présence en moins) :

OrganisationJours de la semaine concernés en 2024Fériés retirésAvant congésJours travaillés
Du lundi au jeudi (vendredi libre)2109201181
Lundi, mardi, jeudi, vendredi (mercredi libre)2107203183

Le salarié libre le mercredi a travaillé deux jours de plus, parce que trois fériés de 2024 (1er mai, 8 mai, 25 décembre) tombaient un mercredi et ne lui ont rien retiré. Les droits à congés payés d’un salarié à temps partiel sont identiques à ceux d’un temps plein : cinq semaines. Pour un calcul juste, comptez les jours de la semaine réellement prévus au contrat plutôt que de proratiser.

Alsace-Moselle, outre-mer, intérim et conventions collectives

Les départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle bénéficient de deux jours fériés supplémentaires : le Vendredi saint (29 mars 2024) et le 26 décembre (un jeudi en 2024). Les deux tombant en semaine, un salarié de ces départements comptait 250 jours ouvrés et 225 jours travaillés. Dans les départements et régions d’outre-mer, la commémoration de l’abolition de l’esclavage ajoute un jour férié dont la date diffère selon le territoire, à intégrer au cas par cas.

Les conventions collectives peuvent elles aussi modifier le total : jours fériés chômés et payés, jours de congés liés à l’ancienneté, fermeture annuelle, repos compensateur pour les fériés travaillés dans l’hôtellerie, la santé ou le commerce. En cas d’annualisation du temps de travail, la durée varie selon les semaines, mais le total annuel suit la même logique. Pour un intérimaire, le décompte se fait sur la durée de chaque mission, et les congés sont en général compensés par une indemnité versée en fin de mission plutôt que pris.

Pour un dirigeant qui embauche pour la première fois, ces paramètres font partie des repères à fixer dès la rédaction du contrat, au même titre que les autres étapes pour recruter un premier collaborateur. Notez par écrit la convention applicable, la durée du travail et l’unité de décompte des congés : le calcul annuel en découle directement.

Tableau des jours ouvrés et ouvrables mois par mois en 2024

Le total annuel ne suffit pas pour établir une paie mensuelle, calculer une proratisation ou prévoir la charge d’une équipe. Le détail mensuel permet aussi de repérer les mois creux : mai et novembre ne comptaient que 19 jours ouvrés, contre 23 en juillet et en octobre. La dernière colonne indique le volume horaire potentiel sur une base de 7 heures par jour ouvré, avant congés.

MoisJours ouvrésJours ouvrablesFériés en semaineHeures potentielles
Janvier22261154
Février21250147
Mars21260147
Avril21251147
Mai19234133
Juin20250140
Juillet23270161
Août21261147
Septembre21250147
Octobre23270161
Novembre19242133
Décembre21251147
Total252304101 764

Côté heures travaillées, 227 jours de 7 heures représentent 1 589 heures, ou 1 596 heures si la journée de solidarité a été accomplie. La durée légale annuelle de référence, fixée à 1 607 heures, repose sur un calendrier standardisé et inclut la journée de solidarité : elle sert de seuil pour les heures supplémentaires en cas d’annualisation, et ne correspond pas exactement au calendrier d’une année donnée.

Reproduire le calcul dans un tableur

Un simulateur de jours travaillés se construit en quelques minutes dans Excel ou dans un tableur équivalent. La démarche :

  1. Saisissez les dates des jours fériés chômés dans l’entreprise sur une plage nommée, par exemple « Fériés ».
  2. Pour une semaine du lundi au vendredi, utilisez la fonction NB.JOURS.OUVRES entre le 01/01/2024 et le 31/12/2024 en indiquant la plage des fériés : le résultat est 252.
  3. Pour une autre organisation, passez à NB.JOURS.OUVRES.INTL, qui accepte un code de sept caractères (1 pour un jour non travaillé, du lundi au dimanche). Le code 0000111 correspond à un salarié présent du lundi au jeudi et renvoie 201.
  4. Retirez ensuite les congés payés, les jours de repos et les absences de chaque salarié dans des colonnes séparées.

Ce fichier, conservé d’une année sur l’autre, devient un outil de gestion du temps de travail réutilisable : il suffit de mettre à jour la liste des fériés.

Les chiffres mensuels servent aussi à organiser l’équipe. Avant de décider d’une fermeture le vendredi 10 mai ou le vendredi 16 août, un sondage de dates partagé avec l’équipe permet de recueillir les préférences de chacun sans multiplier les échanges. Une fois les absences connues, confier le suivi du planning à un responsable d’équipe fait partie des tâches que l’on peut déléguer en gardant la main sur les arbitrages. L’ordre des départs en congés est par ailleurs fixé après avis du comité social et économique, dont le rôle au sein de l’entreprise couvre aussi les questions d’organisation du travail. Enfin, connaître le nombre réel de jours disponibles aide à répartir les objectifs : un mois de 19 jours ouvrés n’absorbe pas la même charge qu’un mois de 23 jours, et les méthodes pour mieux organiser ses journées prennent tout leur sens sur ces périodes resserrées.

Jours travaillés en 2024 : les situations qui soulèvent encore des questions

Certaines configurations ne rentrent pas dans le calcul standard. Voici les réponses aux cas les plus fréquents.

Le lundi de Pentecôte 2024 compte-t-il comme jour travaillé ?

Cela dépend du choix de l’entreprise pour la journée de solidarité. Si elle a été fixée le lundi 20 mai, ce jour a été travaillé et le total passe à 228 jours. Si elle a été accomplie autrement (un autre jour, des heures fractionnées, un jour de RTT), le lundi de Pentecôte est resté chômé et le total reste à 227.

Les ponts du 10 mai et du 16 août 2024 réduisent-ils le total ?

Pas automatiquement : un pont n’est pas un jour férié. Si l’entreprise a fermé ces vendredis, le salarié a pu poser un jour de congé ou de RTT, récupérer les heures perdues dans les conditions prévues par le Code du travail, ou bénéficier d’un jour offert par l’employeur. Seul ce dernier cas fait baisser le nombre de jours travaillés sans toucher aux congés.

Comment compter les jours travaillés en 2024 après une embauche en septembre ?

On additionne les jours ouvrés de la date d’entrée au 31 décembre. Pour une embauche le 1er septembre, cela donne 21 jours en septembre, 23 en octobre, 19 en novembre et 21 en décembre, soit 84 jours ouvrés. Les congés acquis sur ces mois se prennent en général sur la période suivante, selon les règles de l’entreprise, et il reste à déduire les éventuelles absences.

Faut-il raisonner en jours ouvrés ou ouvrables pour les congés de 2024 ?

Les deux méthodes sont admises, à condition de garder la même du début à la fin. En jours ouvrables, le salarié dispose de 30 jours sur une base de 304 ; en jours ouvrés, il dispose de 25 jours sur une base de 252. Le décompte en jours ouvrés ne doit jamais aboutir à des droits inférieurs à ceux du décompte légal en jours ouvrables.

L’auteur

Philippe Bouche

Analyste business

Je publie ici mes essais et mes comparatifs. Mon domaine : stratégie, modèles économiques et diversification.

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